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Un Manteau Végétal (mur végétal)

(Ou quand la nature reprend le dessus)

Par SpiR (et Amélie Péret en 2009), une création collective expérimentale.

Suite aux expériences menées aux Esserres sur le tissu végétal depuis 2005, il s’agit de couvrir une partie du bâtiment, en commençant par la façade ouest, dans la perspective de poursuivre la végétalisation du site, dans la continuité de sa réhabilitation.
L’année 2008 fut celle des premiers tests, en s’orientant sur une base de recouvrement en chaux.

Après cette période de test et de documentation, vient celle de la réalisation.
Le projet est plus que la conception d’un simple « mur végétal » : il est un point de départ d’habillage global du site qui, qu’on le veuille ou non, influera par son impact la conception d’utilisation de l’endroit à cause des contraintes qui en résultent. De même, la situation de cette réalisation est fortement liée à son environnement.
Couvrir le bloc de façon diversifiée en utilisant les feutrines de culture est né avec l’idée de transformer cette façade matérielle inerte en façade végétale, vivante, adaptée à son environnement campagnard et rappelant l’origine horticole du lieu.

Des expériences de végétalisation de mur existaient ailleurs ; un déplacement au quai Branly a permis de constater sur place une réalisation du paysagiste Patrick Blanc. Dans un premier temps, la technique utilisée par P. Blanc nous a paru intéressante, mais après réflexion trop consommatrice d’énergie et coûteuse. Cette réalisation n’empêche pas d’ailleurs la nécessité de réaliser un enduit de protection mural, caché ensuite par voiles de feutrines accrochés sur cet enduit.
La réflexion s’est donc portée sur la possibilité de végétaliser directement le mur en incorporant la végétation sur ou dans le mur, en supprimant les contraintes techniques d’arrosage et fertilisation constants. Pour cela il fallait trouver un enduit efficace de protection matérielle du mur et de support végétatif, agréable à l’oeil et non toxique pour les végétaux. « Non toxique » implique favorable à la végétation ; quoi de plus naturel que la terre, certes. Mais comment fixer cet élément sur le mur ? Nous avons pensé à créer des niches alvéolaires dans les parpaings : possibilité qui ne résout pas les problèmes d’étanchéité du bâtiment devenu depuis le début de la démarche lieu de cuisine et de réunions.
Après recherche nous avons trouvé ce moyen : un matériel ancestral, local : le torchis, ou plutôt l’alliage terre-chaux. Ce matériel a été testé et mis à l’épreuve depuis l’été dernier.

D’ores et déjà les observations faites permettent de retenir la solution crépi à la chaux, mélangée de terre, donnant un aspect vivant de par la variation de teinte apparaissant au cours des variations atmosphériques sèches et pluvieuses.
Cette solution a l’avantage d’être peu onéreuse, mais elle est coûteuse en temps (de pose et de séchage).
Conditionnée en fonction des situations climatiques, elle ne peut être raisonnablement faite qu’au printemps ou fin d’été. C’est à ce moment, en fonction du résultat obtenu par les expériences actuelles que nous pourrons définir la structure finale de base (enduit) et du mode d’incorporation végétale.

Le choix des espèces végétalisantes dépend du choix artistique des personnes intervenantes dans cette réalisation commune. Le « mur », partie d’une construction précédente inachevée, est devenu depuis le départ de la réflexion partie intégrante d’un bâtiment fonctionnel. Sa finition permettra plus facilement le choix final : tableau mural naturel, figuratif ou autre.
Quelle que soit ce choix, la surface du mur nécessite une importante quantité de végétaux. Un travail de multiplication de plantes, dont certaines sont disponibles sur site, a commencé.

Cette année amène de nouvelles problématiques : comment incorporer de la céramique à cet ouvrage, comment végétaliser celle-ci ?...

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